La grève à Air France, un blocage de trop ?

Depuis plusieurs jours maintenant, les pilotes d’Air France ont entamé une Grève alors qu’à première vue il n’y a aucun motif salarial défini avec précision et aucun rapport avec la loi El Khomri. Les raisons syndicales avancées évoquent les craintes dans l’avenir de la compagnie et aux conditions de travail des pilotes. Une grève qui débute au lendemain du lancement de l’Euro de football 2016.

Entre 70 et 80% des vols sont assurés aujourd’hui avec une priorité donnée aux voyageurs étrangers qui souhaitent venir en France afin de profiter des festivités de l’Euro de football. Au début de la grève, la direction de la compagnie estimait les pertes financières à plus de 5 millions d’euros par jour. Mardi, le coût des quatre jours de grève s’élevait déjà à 40 millions d’euros.

Le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, a tenu un point presse pour expliquer que tout avait été fait jusqu’au bout pour éviter la grève, sans succès. Deux séances de négociation ont eu lieu cette semaine, la première a duré 12 heures tandis que la seconde a duré plus de 8 heures.

Des concessions faites par la direction d’Air France

La direction notamment a fait des concessions sur la majoration des heures supplémentaires proposant une baisse moins importante que prévue. Malgré ces propositions, les trois syndicats de pilote présents aux négociations ont maintenu leur préavis de grève jusqu’à mardi soir, avec une reconduction possible.

Comme nous l’avons précisé au début de l’article, ce conflit n’a rien à voir avec la loi travail, en effet les pilotes sont opposés au plan d’économie élaboré par la direction qui prévoit notamment des baisses de rémunération. Mais cette question des salaires est secondaire affirme le SNPL (Syndicat National des Pilots de Ligne), le principal syndicat de pilote qui met en avant un autre problème.

Pour lui, Air France est en réalité bien moins traité au sein du groupe que l’autre compagnie, le néerlandais KLM (Royal Deutsch Airlines) qui elle, est privilégiée pour les liaisons longs courriers. Pour le syndicat, 1 milliard de chiffres d’affaire est transféré de la France vers les Pays Bas chaque année. Les pourparlers entre les dirigeants et les syndicats semblent difficiles, mais comme nous l’avons rappelé précédemment, les vols transportant les supporters étrangers seront assurés pendant toute la compétition de football. Des dispositifs mis en place jusqu’à la fin de l’Euro avec l’espoir que les prochains mois seront plus propices aux négociations.

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